SudOuest – « Les supporters sont le premier sponsor du club »

Manex Meyzenc est le nouveau président des Socios, soit l’actionnariat populaire du club. Il entend rappeler la structure professionnelle à sa base.

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Depuis un mois, le club des Socios de l’Aviron Bayonnais a un nouveau président : Manex Meyzenc. Celui qui, à la ville, dirige la société de production Agorilla, souligne immédiatement « le travail partagé » qui est le sien. « Je ne suis pas seul. Yann Larre, le vice-président des Socios (1), tient toute sa place. Et nous avançons dans un partenariat étroit avec le président du club professionnel, Manu Mérin. » Partenariat dont le nouveau président des Socios attend beaucoup. « On espère que le club soutiendra nos initiatives, comme nous soutenons le club. »

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« Sud Ouest ». Les Socios sont entrés en 2011 dans les instances du club : depuis l’actionnariat populaire a peiné à se faire entendre…

Manex Meyzenc. Les Socios ont lancé leur action dans une période difficile. On a essuyé les humeurs des uns et des autres. Les mauvais résultats sportifs n’ont pas aidé à la sérénité générale. Pas plus que ces questions de fusion avec Biarritz ou pas. On n’a pas été entendu dans les plus hautes instances du club, à cette époque. On ne l’a pas très bien vécu. Avec Manu Mérin, il y a une bonne relation. Comme d’ailleurs avec Jean-Michel Gonzalez, son conseiller. On peut faire passer des messages.
En tant que supporters, déplorez-vous la période Afflelou ?

On ne peut pas dire les choses comme ça. Il y a eu du bien et du mal. Il a amené des moyens auxquels le club n’aurait certainement pas pu prétendre avant. Mais il n’était pas assez présent et un club comme Bayonne demande d’être là, au contact. Et puis il faut reconnaître qu’on s’était un peu endormi sur la manne Afflelou. Là, il faut gérer son retrait financier, tout le monde s’est mis au travail. Mais dans ce contexte, les supporters de l’Aviron représentent le plus gros partenaire du club.
C’est-à-dire ?

C’est simple : nous sommes 7 800 abonnés, à une moyenne de 350 euros l’abonnement, cela représente plus de 2,5 millions d’euros environ. Quel sponsor apporte cette somme aujourd’hui ? Il ne faut jamais l’oublier. Le supporter lambda qui se saigne pour acheter son abonnement n’est pas assez considéré aujour-d’hui.
Pourtant, les Socios, ce ne sont « que » 1 500 personnes. C’est peu quand on connaît le potentiel du club…

C’est vrai. Mais c’est comme dans toute association, on est bénévole, on donne de notre temps, cependant on est rattrapé par nos activités. Mais on va se développer. On vise 3 000 l’an prochain. Et 5 000 à terme. Si nous arrivions à 3 000, nous aurions une force de frappe de 30 000 euros par an (2).
Pour faire quoi ?

Par exemple, pour grandir dans le capital du club. Il y aura une nouvelle augmentation du capital cette année. Il y aura du petit actionnariat à partir de 4 000 euros. Nous allons acheter un ou deux lots d’actions. Mais les Socios, ce n’est pas que cela. Par exemple, l’an dernier, nous avons payé une partie du salaire de Jean-Michel Gonzalez, pour le faire venir.
L’an dernier, le club de supporters de la Peña Baiona a quitté les Socios : la Peña va-t-elle revenir ?

A priori non. Je suis allé voir ses représentants, je leur ai dit que la porte est ouverte. Ils ont voté pour ne pas revenir dans les Socios. On ne comprend pas bien pourquoi, mais on respecte ce choix. Chacun jouera son rôle. Nous n’avons pas de problème entre nous.
Quelles actions concrètes envisagez-vous ?

D’abord, on veut relancer notre communication, qui s’est un peu endormie. On veut mettre en place des actions qui jalonnent l’année. Comme des rencontres et conférences, avec des personnalités du club. On songe à créer une antenne à Paris et Bilbao. Avec une sorte d’ambassadeur pour les Bayonnais exilés. Prioritairement, on veut renforcer les relations entre le club professionnel et sa base. On va par exemple faire en sorte que des joueurs pro parrainent des équipes de jeunes. Il faut tisser un lien qui nous a semblé distendu.
Vous ne craignez pas de n’être que la caution populaire du club ?

On s’engage pour le club, on verra comment le club s’engagera pour nous. On espère avoir le chapiteau de réceptions, une fois l’an, pour une fête de l’Aviron, par exemple. On demande à ce que le logo des Socios soit associé à la communication officielle du club.

Recueillis par Pierre Penin

(1) Yann Larre est issu des Gars de l’Aviron, dont six membres figurent au bureau des Socios. Cela, à côté de neuf issus du grand public. (2) L’adhésion est de 10 euros, plus 10 euros pour la saison. Chaque année, le renouvellement est de 10 euros.

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